Une régie multicaméra autonome, capable d’enregistrer plusieurs sources vidéo, de diffuser en direct sur YouTube et de fonctionner pendant des heures sans alimentation électrique : la YoloBox Extreme de YoloLiv bouscule certaines habitudes de production audiovisuelle. Après plusieurs mois d’utilisation au sein de TV Lunel, je vous propose un retour d’expérience sur ses performances, ses limites et les perspectives qu’elle ouvre pour les productions légères.
De la régie traditionnelle à la production audiovisuelle nomade
Lorsque j’ai commencé à travailler dans l’audiovisuel, une régie multicaméra nécessitait une infrastructure relativement conséquente : mélangeur vidéo, moniteurs, câblage, mélangeur audio, enregistreurs et, bien entendu, alimentation électrique.

L’arrivée des solutions logicielles comme vMix et OBS Studio a considérablement simplifié cette architecture. Un ordinateur suffisamment puissant pouvait désormais assurer le mélange des sources, l’habillage graphique, l’enregistrement et la diffusion sur Internet.
Mais cette simplification avait ses contreparties : cartes de capture, interfaces audio, écrans, périphériques de commande, alimentations et une certaine dépendance à l’environnement informatique.
Avec la YoloBox Extreme, YoloLiv propose une autre approche : réunir dans un appareil compact les principales fonctions nécessaires à une production multicaméra.
Sur le papier, la proposition est séduisante. Mais qu’en est-il lorsqu’on utilise réellement cette régie pour produire des émissions, parfois en extérieur, avec plusieurs caméras et une équipe réduite ?
C’est précisément ce que j’expérimente depuis plusieurs mois avec TV Lunel.
YoloBox Extreme : une véritable régie de production intégrée

La YoloBox Extreme ne se limite pas à un mélangeur vidéo doté d’un écran tactile.
Elle rassemble plusieurs fonctions traditionnellement assurées par des équipements distincts :
- Mélange vidéo multicaméra avec huit entrées HDMI.
- Deux sorties HDMI configurables.
- Écran tactile OLED de 11,2 pouces.
- Enregistrement du programme et des sources vidéo individuelles (ISO).
- Diffusion en direct vers les plateformes de streaming.
- Gestion des sources vidéo IP, notamment NDI et SRT.
- Habillages graphiques, incrustations et compositions multivues.
- Mélange audio intégré.
- Batterie rechargeable permettant un fonctionnement autonome.
Le constructeur annonce une batterie de 90 Wh, avec une autonomie pouvant atteindre dix heures selon les conditions d’utilisation.
Ces caractéristiques sont celles annoncées par YoloLiv. Elles ne constituent pas, à elles seules, une garantie de performances dans toutes les configurations de production.
Ce qui m’intéresse davantage, c’est ce que cette machine permet de réaliser concrètement.
Cinq heures de tournage sur batterie : une expérience particulièrement convaincante

C’est probablement l’un des résultats qui m’a le plus impressionné.
Lors d’une session de production, la YoloBox Extreme a fonctionné de 14 heures à 19 heures, sans alimentation électrique externe.
Pendant ces cinq heures, nous avons réalisé six enregistrements avec une configuration comprenant le programme final et quatre sources HDMI, dont deux exploitées avec des recadrages.
Les fichiers ont été enregistrés sur le stockage SSD interne de la machine.
À l’issue de cette session, la batterie affichait encore environ 50 % de charge.
Cinq heures de production et la moitié de la batterie encore disponible : voilà un résultat qui change sérieusement la manière d’envisager une régie mobile.
Bien entendu, cette observation ne signifie pas que la machine peut systématiquement fonctionner dix heures dans toutes les conditions.
La consommation dépend de nombreux paramètres : nombre de sources actives, résolution, encodage, enregistrement ISO, luminosité de l’écran, activité réseau et température ambiante.
Il s’agit ici d’une mesure de terrain, réalisée dans des conditions réelles de production, et non d’un test d’autonomie normalisé.
Mais pour mon usage, ce résultat est particulièrement significatif.
L’autonomie électrique cesse d’être une contrainte majeure pour la régie vidéo elle-même.
Il reste naturellement à alimenter les autres équipements, notamment les caméras, les récepteurs de microphones et les éventuels routeurs réseau.
Une démarche volontairement progressive : privilégier la fiabilité à la performance maximale
Il y a un principe auquel je reste attaché dans mes productions audiovisuelles : ce n’est pas parce qu’un équipement annonce certaines performances qu’il faut immédiatement chercher à les exploiter toutes simultanément.
Avec la YoloBox Extreme, j’ai donc choisi une démarche volontairement prudente.
Pour le moment, mes productions sont réalisées intégralement en Full HD 1080p. Les caméras fournissent des signaux 1080p, le programme est enregistré dans cette résolution et la diffusion vers YouTube s’effectue également en 1080p.
Ce choix est délibéré.
Je préfère commencer par valider la stabilité de l’ensemble de la chaîne de production plutôt que de solliciter immédiatement les capacités maximales de la machine.
La gestion de plusieurs entrées HDMI, les recadrages virtuels, l’enregistrement simultané de plusieurs sources, l’encodage du programme et sa diffusion en direct représentent déjà une charge de traitement significative.
En restant en 1080p, je cherche à conserver une marge de fonctionnement confortable, tout en produisant une image parfaitement adaptée à la majorité de nos besoins de diffusion.
Il faut également rappeler que le 1080p reste une résolution largement suffisante pour de nombreuses productions WebTV, interviews, conférences et magazines diffusés sur Internet.
Cette approche présente un autre avantage : elle permet d’identifier plus facilement l’origine d’un éventuel dysfonctionnement.
Si une configuration fonctionne de manière stable pendant plusieurs tournages, je peux ensuite introduire progressivement de nouveaux paramètres : sources 4K, recadrages supplémentaires, enregistrements ISO plus exigeants ou nouvelles fonctions de réalisation.
Chaque évolution peut ainsi être évaluée séparément.
C’est une méthode que j’applique depuis longtemps dans mes activités de consultant audiovisuel : valider d’abord une configuration fiable, puis en explorer progressivement les possibilités.
Les cinq heures d’autonomie constatées lors de mon tournage doivent donc être interprétées dans ce contexte précis : une production multicaméra intégralement réalisée en 1080p, et non un essai sollicitant simultanément toutes les capacités maximales de la YoloBox Extreme.
Pour moi, l’objectif n’est pas de démontrer que la machine peut tout faire. Il est de savoir ce que je peux lui demander avec suffisamment de confiance pour assurer une véritable production.
L’enregistrement ISO : une sécurité précieuse pour la postproduction
Autre fonction que j’apprécie particulièrement : la possibilité d’enregistrer séparément les sources vidéo tout en conservant l’enregistrement du programme réalisé en direct.
C’est ce que l’on appelle l’enregistrement ISO, pour isolated recording.
Dans une production traditionnelle, le réalisateur sélectionne les différents plans pendant l’émission. Le programme enregistré correspond donc à cette réalisation.
Mais une erreur de commutation, un mauvais cadrage ou une réaction intéressante manquée peuvent nécessiter une correction au montage.
Avec les enregistrements ISO, il devient possible de revenir sur les sources individuelles.
Pour TV Lunel, où nous produisons régulièrement des interviews et des magazines, cette possibilité apporte une sécurité supplémentaire.
Le programme enregistré reste immédiatement exploitable, tandis que les sources séparées offrent davantage de liberté pour corriger ou enrichir le montage.
Le stockage interne constitue également un avantage pratique : il réduit le nombre de périphériques externes à installer et à surveiller.
Il faut néanmoins garder à l’esprit qu’un enregistrement interne ne remplace pas une stratégie de sauvegarde. Après une session, les fichiers doivent être transférés et sécurisés sur un autre support.
La génération de fichiers FCPXML, ajoutée par YoloLiv dans ses évolutions logicielles, constitue par ailleurs une piste intéressante pour faciliter certains workflows de postproduction compatibles.
Multiplier les cadrages sans multiplier les caméras

C’est une autre fonction qui mérite que l’on s’y attarde.
Lors d’une récente émission Lunel-Asso, tournée en extérieur sur la terrasse d’O Vin Cochon, à Lunel, j’ai utilisé deux caméras Canon pour obtenir cinq possibilités de cadrage.
Le dispositif reposait notamment sur une Canon XA60 et une Canon LEGRIA HF G50.
Grâce aux fonctions de duplication de source et de recadrage, il était possible de disposer de plusieurs plans à partir des mêmes caméras physiques :
- Deux cadrages du présentateur.
- Deux cadrages de l’invité.
- Un plan face-à-face.
Cette approche permet de donner davantage de rythme à une interview, sans ajouter autant de caméras, de trépieds ou d’opérateurs.
Il ne faut évidemment pas confondre ces cadrages virtuels avec de véritables prises de vues indépendantes.
Un recadrage numérique agrandit une partie de l’image initiale. Il peut donc entraîner une diminution de la définition effective, particulièrement lorsque la source et la production finale utilisent la même résolution.
L’utilisation de caméras 4K dans une production Full HD permet de disposer d’une marge de recadrage plus confortable.
Il faut également anticiper ces opérations dès le tournage, notamment en conservant des plans suffisamment larges.
Mais dans une production légère, le gain opérationnel est considérable.
Une seule caméra peut désormais remplir plusieurs fonctions dans la réalisation, à condition de respecter les limites de la résolution disponible.
Le streaming vers YouTube : une stabilité rassurante
Une régie de direct doit avant tout être fiable.
On peut multiplier les fonctionnalités, les transitions et les effets graphiques, mais si le flux vidéo s’interrompt, le reste devient secondaire.
Sur ce point, mon expérience avec la YoloBox Extreme est positive.
Les diffusions réalisées vers YouTube se sont montrées stables dans les conditions où je l’ai utilisée.
L’intérêt réside aussi dans la simplicité de la chaîne de diffusion.
La YoloBox assure directement l’encodage et l’envoi du programme, sans nécessiter systématiquement un ordinateur intermédiaire.
Pour des productions réalisées en extérieur, j’utilise également un routeur réseau afin de disposer d’une connexion indépendante du lieu d’accueil.
Il faut cependant distinguer la stabilité de l’encodeur de celle de la connexion Internet.
Une liaison mobile saturée, un débit montant insuffisant ou une couverture réseau irrégulière peuvent toujours compromettre une diffusion, quelle que soit la qualité de la régie.
La YoloBox Extreme simplifie la chaîne technique, mais ne supprime pas les contraintes du réseau.
Pour une production critique, une vérification du débit disponible et, si nécessaire, une solution de secours restent indispensables.
L’audio : le point où la simplicité montre encore ses limites
Si je suis particulièrement satisfait des fonctions vidéo, je suis plus réservé concernant certains aspects de la gestion audio.
La YoloBox Extreme dispose pourtant de fonctions intéressantes : mélangeur intégré, réglage des niveaux, gestion de plusieurs entrées audio et fonction Audio Follow Video (AFV).
Mais en réalisation, la difficulté ne consiste pas seulement à disposer de plusieurs sources audio.
Il faut pouvoir les sélectionner, les mélanger et les commuter rapidement, sans provoquer d’erreur à l’antenne.
Dans mon cas, le basculement manuel de l’audio vers les synthés ou les séquences préenregistrées reste moins pratique que je ne le souhaiterais.
Lorsqu’on réalise une émission en direct, on doit déjà surveiller les cadrages, anticiper les interventions, déclencher les habillages et contrôler la diffusion.
Ajouter des manipulations audio à cette charge de travail augmente les risques d’erreur.
L’AFV peut être utile dans certains scénarios, mais il ne constitue pas une solution universelle. Il faut notamment éviter qu’une commutation vidéo provoque un changement de source sonore non souhaité.
J’ai d’ailleurs rencontré ce type de difficulté lors de productions précédentes, avec des problèmes d’écho liés à la gestion des sources audio.
Pour des interviews simples, les fonctions intégrées peuvent suffire. En revanche, dès que la production devient plus complexe, une console audio externe retrouve tout son intérêt.
J’utilise notamment un RØDECaster Pro II, qui apporte davantage de souplesse pour gérer plusieurs microphones et sources sonores.
Mais il introduit une nouvelle contrainte en extérieur : son alimentation électrique.
Nous retrouvons donc un arbitrage classique de la production nomade : jusqu’où intégrer les fonctions dans un seul équipement, et à partir de quel niveau de complexité faut-il conserver des appareils spécialisés ?
Une régie qui tient dans mon sac à dos
Au-delà des performances techniques, c’est probablement ce changement qui me séduit le plus.
Aujourd’hui, je peux transporter l’essentiel de ma régie dans un sac à dos.
La YoloBox Extreme, ses accessoires et les équipements nécessaires à la réalisation représentent un volume considérablement réduit par rapport à une régie informatique traditionnelle.
Bien entendu, les caméras, les trépieds et les câbles nécessitent toujours leur propre transport.
Mais le cœur du système de production est devenu extrêmement compact.
Cette différence est particulièrement sensible lorsque nous installons un plateau TV éphémère.
Avec TV Lunel, nous réalisons notamment des émissions associatives sur la terrasse d’O Vin Cochon, cours Gabriel-Péri.
Nous devons installer les caméras, les microphones, la régie, les retours et la connexion réseau, parfois dans un environnement fréquenté par le public.
Le temps de mise en place, l’encombrement et la simplicité du démontage deviennent alors des paramètres aussi importants que les performances vidéo.
La YoloBox Extreme apporte une réponse particulièrement intéressante à ces contraintes.
Elle permet d’envisager des productions dans des lieux où l’installation d’une régie traditionnelle serait beaucoup plus lourde.
Et surtout, elle facilite une forme de télévision de proximité, capable d’aller à la rencontre des associations, des acteurs économiques et des habitants.
Les playlists vidéo et les séquences automatisées : des attentes pour la suite
Tout n’est cependant pas parfait.
Deux domaines m’intéressent particulièrement pour les prochaines évolutions : les playlists vidéo et l’automatisation des séquences de réalisation.
Enchaîner plusieurs vidéos sans intervention permanente
Lorsqu’une émission comporte plusieurs sujets préenregistrés, il serait pratique de pouvoir préparer une playlist vidéo complète.
L’objectif serait de définir un ordre de lecture, puis de déclencher l’ensemble avec un minimum de manipulations.
Ce fonctionnement existe depuis longtemps dans les environnements de diffusion et de production automatisée.
Il est particulièrement utile lorsqu’un seul opérateur assure à la fois la réalisation, la diffusion et une partie de la supervision technique.
La question n’est donc pas uniquement de savoir si la YoloBox sait lire plusieurs fichiers vidéo, mais si elle permet de construire un véritable enchaînement éditorial avec des transitions et une gestion audio suffisamment souples.
Automatiser une succession de plans caméra
La seconde attente concerne la possibilité de programmer une séquence de commutations entre différentes caméras ou cadrages.
Sur ce point, il faut apporter une nuance importante : YoloLiv propose déjà une fonction AutoSwitch, qui permet d’organiser des commutations automatiques selon un ordre et des durées prédéfinis.
Il serait donc inexact d’affirmer que la YoloBox Extreme ne dispose d’aucune automatisation des caméras.
En revanche, mes attentes vont vers une logique de réalisation plus élaborée, avec des séquences réutilisables, des changements de plans, des habillages et éventuellement des actions audio coordonnées.
Une forme de macro de réalisation, en quelque sorte. Un couplage RodeCaster Pro 2, une tablette avec Python et Bitfocus Companion pourra sans doute produire cela (en cours de développement)
Ce type de fonctionnement pourrait être particulièrement intéressant pour des émissions récurrentes, des conférences ou des productions avec peu d’opérateurs.
L’évolution du pilotage externe, notamment avec la prise en charge du Stream Deck et les fonctions Web Control, mérite également d’être suivie.
YoloBox Extreme face à vMix et OBS Studio : deux philosophies de production
Il serait tentant d’opposer directement la YoloBox Extreme aux régies logicielles.
Mais cette comparaison mérite quelques nuances.
vMix reste une solution particulièrement complète pour les productions nécessitant de nombreuses sources, des scénarios complexes, des automatisations, des traitements audio avancés ou des intégrations spécifiques.
OBS Studio dispose de son côté d’un écosystème très riche, avec ses plugins, ses scripts et ses possibilités de personnalisation.
La YoloBox Extreme ne cherche pas nécessairement à reproduire toute cette flexibilité.
Elle propose une autre philosophie : une plateforme intégrée, autonome et rapidement opérationnelle.
| Critère | YoloBox Extreme | vMix / OBS Studio |
|---|---|---|
| Installation | Régie intégrée | Ordinateur et périphériques |
| Autonomie électrique | Batterie intégrée | Alimentation externe ou système sur batterie |
| Entrées vidéo | Connectique intégrée | Selon les interfaces de capture |
| Enregistrement ISO | Intégré, avec limites selon la configuration | Selon le logiciel et la configuration |
| Automatisation | Fonctions intégrées et pilotage externe | Très personnalisable, selon le logiciel |
| Gestion audio | Mélangeur intégré | Routage et traitements potentiellement plus avancés |
| Évolutivité | Dépend des mises à jour constructeur | Dépend du matériel, des logiciels et extensions |
| Mobilité | Très favorable | Variable selon l’installation |
Il ne s’agit pas d’un classement absolu.
Une régie vMix installée dans un studio fixe et une YoloBox Extreme utilisée pour une interview en extérieur ne répondent pas nécessairement aux mêmes besoins.
Pour ma part, je vois davantage ces solutions comme complémentaires.
Une évolution du métier de réalisateur audiovisuel
Au fond, l’intérêt de la YoloBox Extreme dépasse largement les caractéristiques de l’appareil.
Elle illustre une évolution déjà engagée depuis plusieurs années : la miniaturisation et l’intégration des moyens de production audiovisuelle.
Avec quelques caméras, des microphones HF, une connexion Internet et une régie autonome, il devient possible de produire des contenus multicaméras dans des conditions qui auraient autrefois nécessité davantage de matériel et de personnel.
Cette évolution ouvre des perspectives intéressantes pour les WebTV, les collectivités, les entreprises, les associations et les organisateurs d’événements.
Elle facilite également l’émergence de studios TV éphémères, installés temporairement dans un lieu public, une entreprise, un salon ou une manifestation.
Mais elle ne supprime pas la nécessité de maîtriser les fondamentaux du métier.
Le choix des cadrages, la qualité de la lumière, l’intelligibilité du son, la gestion des sources, la préparation éditoriale et l’anticipation des incidents restent essentiels.
Une régie compacte ne transforme pas automatiquement une production en émission professionnelle.
En revanche, elle permet à un professionnel expérimenté de mobiliser ses compétences avec une infrastructure beaucoup plus légère.
C’est précisément ce qui m’intéresse.
Mon bilan après plusieurs mois d’utilisation
Après plusieurs mois d’utilisation de la YoloBox Extreme dans les productions de TV Lunel, mon appréciation est largement positive.
L’autonomie électrique constitue une véritable réussite dans les conditions où je l’ai testée.
La possibilité d’enregistrer le programme et plusieurs sources séparées sur le stockage interne représente un avantage important pour la postproduction.
Les fonctions de recadrage permettent de multiplier les possibilités de réalisation sans augmenter proportionnellement le nombre de caméras.
La diffusion vers YouTube s’est montrée stable lors de mes utilisations.
Et surtout, l’ensemble tient dans un volume suffisamment réduit pour envisager des tournages avec une grande liberté de déplacement.
Je reste plus réservé sur l’ergonomie de certaines opérations audio, notamment lorsqu’il faut basculer manuellement vers les séquences préenregistrées.
J’attends également des évolutions concernant les playlists vidéo et les automatisations de réalisation plus complexes.
Enfin, une expérience positive sur plusieurs tournages ne constitue pas une validation exhaustive de la fiabilité de la machine. Les productions longues, les fortes températures, les configurations réseau difficiles et les scénarios de secours méritent toujours des essais spécifiques.
Conclusion : une régie qui change surtout la manière de produire
La YoloBox Extreme ne remplacera pas toutes les régies vidéo traditionnelles, et ce n’est probablement pas sa vocation.
En revanche, elle apporte une réponse particulièrement convaincante à une question que se posent de nombreux professionnels : comment produire des contenus multicaméras de qualité avec moins de matériel, moins de contraintes et davantage de mobilité ?
Pour mes productions, la réponse est désormais très concrète.
Je peux installer une régie sur une terrasse, enregistrer plusieurs sources, réaliser une émission, la diffuser sur YouTube et repartir avec l’essentiel de mon équipement dans un sac à dos.
Et lorsqu’après cinq heures de tournage, la batterie affiche encore 50 %, je mesure à quel point les outils de production audiovisuelle ont évolué.
La véritable révolution n’est peut-être pas d’avoir miniaturisé la régie vidéo. C’est d’avoir rendu beaucoup plus simple le fait d’aller produire là où se trouve l’information.
Gilbert Wayenborgh — Consultant audiovisuel, spécialiste des technologies de streaming, de la production multicaméra et des studios TV. Responsable de la production de TV Lunel.
Cet article repose sur une expérience personnelle de production. Les performances constatées sont propres aux configurations utilisées et ne constituent pas des mesures constructeur ni des garanties universelles.
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